
25 juillet ,première mission, destruction d'une usine de pétrole synthétique à WANNE EICKEL au N.E. d'ESSEN. Pour un baptême du feu, c'est un baptême du feu.L'itinéraire semble avoir été repéré juste à l'arrivée sur l'objectif et immédiatement aprés, au N.N.O. de DUISBOURG, les projecteurs entrent en action. Sur l'objectif une flack lourde,intense et plutot haute acceuille les équipages.Cependant, la chasse ennemie est absente. Tous les avions rentrent sains et saufs à la base,excepté le "G" du Capitaine STANISLAS qui se pose à WEST RYNHAM avec les réservoirs crevés.
Deux jours de repos pour compenser cette nuit laborieuse et le 28 une seconde mission,sur la forêt de NIEPPE.Cette forêt va subir les assauts du bombardement car il s'agit de détruire les rampes de lancement de V1 qui y sont installées.Les missions sont nombreuses et suivies. BORDIER est devenu un noctambule et écrira:
"...... Ces derniers temps, je n'ai guère eu de temps pour écrire. Nous volions la nuit, quelquefois nous nous sommes couchés avec le jour. Nous dormions donc le jour, pour remettre ça la nuit suivante..."
Cet extrait de lettre résume la vie des bombardiers lourds. Ce sera ainsi des nuits et des nuits passées dans la tourelle à guetter un ennemi qui peut fondre à chaque instant sur l'avion. A surveiller l'avion ami qui risque d'accrocher au milieu du stream.
La campagne de France se termine et le haut commandement allié a décidé de frapper l'ennemi à son point le plus vulnérable .Usines, voies ferrées,terrains d'aviation, le pillonage s'intensifie toujours de plus en plus. De son côté, l'Allemagne joue ses dernières cartes. La flack est souvent trés nourrie. Les "jets-Propelled" font leur apparition. La durée des vols augmente aussi au fur et à mesure que le front gagne en profondeur.
Des durs moments passés sur la Ruhr, des missions manquées par suite d'incidents mécaniques, du bombardement de MUNSTER en cette nuit du 18 novembre 1944 ou l'avion revient sur trois moteurs aprés avoir volé ainsi 10 minutes avant l'objectif, de ce lendemain de Noël ou son équipage sera le seul de la première escadrille à bombarder la gare de SAINT-VITH,BORDIER n'en parle pas. Est-il vraiment aussi insouciant du danger qu'il le dit dans ses lettres? ou bien , si prés de la fin de son tour de missions (il en fallait 30), persuadé que la chance est à ses côtés, pense-t-il qu'il est dorénavant à l'abri du péril? essaie-t-il également de rassurer sa famille? profitant d'une période de répit il écrit:
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